Quand les fleurs murmurent à nos émotions
Il est des savoirs qui ne s’apprennent pas dans les livres.
Des connaissances qui demandent de quitter le mental, d’enlever ses chaussures… et de marcher.
Pour comprendre les élixirs floraux, il m’a fallu un jour aller à la rencontre des fleurs là où elles vivent, là où elles résistent, s’élèvent, dialoguent avec le vent, la roche et la lumière.
C’est ainsi que le Laboratoire DEVA, installé au cœur du Vercors, m’a ouvert ses sentiers lors d’un stage “terrain” inoubliable en mai 2017, oui déjà !!!
Un petit groupe, des prairies de moyenne montagne, et cette sensation immédiate : ici, la nature parle vrai.
Le terrain, premier livre de sagesse
Observer une fleur dans son milieu, c’est déjà commencer à la comprendre.
Sa manière de pousser, de s’orienter vers la lumière, de s’enraciner ou de se déployer raconte une histoire.
Une histoire qui fait écho à nos propres élans, nos tensions, nos émotions.
Car oui… les fleurs communiquent.
Entre elles. Avec les arbres. Avec le sol.
Et, subtilement, avec nous.
Guidés avec une grande justesse par Philippe – cofondateur du laboratoire – et accompagnés par Valérie et Pascale, nous avons appris à lire le langage du végétal avec humilité et présence. Une transmission sensible, profonde, émouvante.
Marcher, observer, ressentir
La première sortie nous conduit sur des sentiers encore marqués par la neige tardive.
Nous rencontrons la consoude, les cerisiers en bourgeons, les hêtres à la floraison timide, les églantiers, les aubépines…
Tout est encore vert, dense, vivant.
Puis, peu à peu, viennent les couleurs, les parfums, la danse de la pollinisation.
C’est à ce moment précis – quand la fleur est à son apogée – que l’élixir peut naître.
Mais au fond… qu’est-ce qu’un élixir floral ?
Les élixirs floraux s’inscrivent dans une tradition ancienne, universelle.
Bien avant nous, Hildegarde de Bingen, Paracelse, Goethe ou encore Rudolf Steiner percevaient déjà le lien subtil entre la plante, l’âme humaine et la guérison.
Au XXᵉ siècle, le médecin anglais Edward Bach formalise cette approche en créant 38 remèdes floraux, convaincu que l’émotionnel est à la racine des déséquilibres.
« La peur est le grand tueur », disait-il.
Ses travaux seront ensuite enrichis par Philippe Deroide, donnant naissance à 96 fleurs et de nombreux composés floraux adaptés à nos vies contemporaines.
Créer un élixir : un rituel vivant
Créer un élixir floral, ce n’est pas “fabriquer” un produit.
C’est entrer dans un rituel.
Cela commence par une intention claire, un lieu préservé, et une disponibilité intérieure.
Plus de montre. Plus de téléphone.
Juste le souffle, le sol sous les pieds nus, et la présence.
La cueillette se fait avec délicatesse, à l’aide de cristaux de roche, sans contact direct avec la fleur.
Les fleurs sont déposées à la surface d’un bol de verre rempli d’eau de source, puis offertes au soleil.
Ce jour-là, c’est le pissenlit qui s’impose.
Une fleur trop souvent banalisée… et pourtant si puissante.
Le pissenlit, maître du lâcher-prise
Le pissenlit s’enracine profondément avant de s’élever.
Il résiste, nourrit la terre, puis se transforme, s’allège, s’envole.
Son message est limpide :
apprendre à relâcher les tensions, quitter le “trop faire”, retrouver l’Être.
Son élixir accompagne celles et ceux qui portent trop, qui luttent sans relâche, qui oublient parfois de respirer.
De la solarisation à la maturation
Après plusieurs heures de solarisation – cette douce infusion au soleil – l’eau est transférée dans une préparation alcoolisée (souvent du cognac biologique), garantissant la stabilité de l’élixir-mère.
Puis vient le temps du repos.
Trois semaines dans l’ombre, au frais, pour laisser la fleur exprimer pleinement son potentiel vibratoire.
Une transformation subtile… mais réelle
Les élixirs floraux accompagnent :
- les situations d’urgence émotionnelle,
- les passages de vie (grossesse, déménagement, création, deuil…),
- ou des états plus anciens, plus ancrés, qui demandent douceur et persévérance.
Ils ne forcent rien.
Ils ouvrent des espaces.
Un regard transformé
Ce stage fut un pèlerinage court, intense, profondément initiatique.
Depuis, je ne regarde plus jamais un pissenlit – ni aucune fleur – de la même manière.
Chaque plante est devenue une alliée.
Chaque prairie, un livre ouvert.
Merci à Philippe, Valérie, Pascale, et à ce petit groupe d’âmes sensibles avec qui ce chemin a été partagé.



